—Une amie de madame, ajouta la première qui rentrait.
—Cette dame a sans doute besoin d'une femme de chambre,» insinua une autre d'un ton persifleur, comme Geneviève fermait la porte et suivait Joseph au salon.
Mme de Courcy avait hâte de voir Geneviève. Malgré les dénégations de Lionel, elle conservait des soupçons qu'elle voulait éclaircir. Il lui tardait aussi de connaître cette Fossette, la mystérieuse maîtresse de son ennemi déclaré.
Dans l'après-midi, elle avait assisté aux courses. Elle y avait vu Mme de Beausire, sa rivale, dans un équipage à la Daumont, entourée par la jeunesse la plus brillante, tandis qu'elle, la célèbre Lucrèce, n'avait produit aucune sensation. De Lomas lui-même l'avait délaissée pour s'occuper exclusivement de Béatrix. Elle venait donc, la rage au cœur, chercher un moyen de se venger.
Elle regarda Geneviève assez longuement, de cet air observateur qui ne craint ni d'intimider, ni d'offenser.
La pauvre ouvrière rougit et perdit toute contenance.
«Mon enfant, dit-elle, satisfaite sans doute de son examen, M. de Lomas m'a parlé de vous en termes si flatteurs, que je vous ai très-chaudement recommandée à Mme Thomassin. Elle m'a promis d'avoir pour vous des égards. Je vous en prie encore, madame Thomassin, gâtez un peu cette jolie fille. Elle a l'air souffrant: ménagez-la. Ne lui faites pas coudre des étoffes trop dures, cela lui gâterait la main qu'elle a si fine. Vous savez, cela grossit les jointures. Il conviendra aussi de renvoyer quelquefois en courses pour prendre de l'exercice; car il faut conserver votre fraîcheur, mon enfant: la beauté et la santé sont des dons précieux qu'on n'estime a leur juste valeur que lorsqu'on les a perdus. Êtes-vous malade? vous avez les traits un peu fatigués.»
Geneviève rougit encore davantage.
«Non, madame, répondit-elle; j'ai pleuré tout à l'heure en me séparant de mes amies.
—Mlle Fossette, n'est-ce pas! Et elle n'a pas voulu vous accompagner?