Madeleine lui exposa sommairement sa requête.
Un instant, Mme Daubré resta pensive, inquiète même; elle observait Madeleine.
Avec sa finesse, son instinct de femme jalouse, elle avait cru deviner le penchant de Madeleine pour Maxime.
«Pourquoi cette étrange détermination, se demandait-elle? Serait-ce pour me surveiller?»
Elle la questionna adroitement sur les motifs de sa démarche.
Madeleine lui exposa avec tant de candeur et de simplicité sa position délicate, la situation précaire de sa famille, son désir de la soulager, que Mme Daubré ne conserva aucune défiance.
Toutefois, elle hésitait encore: Madeleine si jolie, si jeune surtout, lui paraissait une dangereuse rivale. D'un autre côté, en la laissant chez les Borel, elle craignait que Maxime, qui la voyait chaque jour, à toute heure, n'en tombât amoureux.
Cette dernière considération l'emporta.
«Je serai très-flattée, mademoiselle, dit-elle avec une grâce charmante, que vous veuillez bien m'accorder vos bons soins pour l'éducation de mon enfant; mais c'est à la condition que Mlle Borel y consentira.
—C'est ainsi que je l'entends,» repartit Madeleine qui prit congé de Mme Daubré.