De belles larmes brillantes montèrent aux yeux de Léna.

—Merci, Monsieur, que Dieu vous bénisse! Et si vous avez une fille, puisse-t-elle trouver, en cas de besoin, une aide comme celle que vous me donnez!

Le sous-chef la regarda s'éloigner avec une toute petite émotion, puis retourna à son service.

L'employé conduisit Léna par un passage privé, jusqu'à une voiture sur laquelle elle reconnut sa malle. Il donna lui-même des instructions au cocher.

—Gare de Lyon, grandes lignes, à l'heure; vous arrêterez sur le passage devant un magasin de modes....

Et la voiture partit.

Il y avait, à cette heure, une circulation intense, même sur les boulevards moins fréquentés qu'on suivait. Léna se sentit d'abord étourdie et effrayée de voir les énormes lanternes des tramways, les phares éblouissants des autos, les petites lumières des bicyclettes, tout cela semblant se précipiter avec furie sur la voiture. Mais, aucun abordage ne se produisant, elle reprit confiance et regarda le chemin inconnu qu'elle parcourait.

Rue de Lyon, le fiacre s'arrêta devant un magasin brillamment éclairé. Le flair parisien du cocher avait bien servi Léna: derrière les glaces, il n'y avait pas seulement des fantaisies plus ou moins rutilantes, mais aussi de modestes feutres, vraies coiffures de voyage. Enfin, d'autres articles se trouvaient encore à la devanture, y compris des sacs et des couvertures.

Rougissant de la curiosité qu'excitait son entrée, Léna demanda un chapeau de feutre noir.

—Très bien!