—Moi! Je vis comme un sauvage, dit-il, et loin de redouter l'hospitalité de Mlle de Coatlanguy, je serai profondément reconnaissant de m'asseoir à votre table.

—Alors, c'est convenu, dit Hervé, soudain rasséréné. Quelle sensation étrange d'entendre appeler une fille du vieux nom de Coatlanguy!

—Mais c'est le vôtre! dit-elle vivement.

—Oui.... J'avais promis de ne plus le porter....

—On n'avait pas le droit de vous arracher une telle promesse! répliqua-t-elle avec une violence contenue.

—Quelque nom que vous portiez, vous lui faites honneur! dit courtoisement Séverin.

Quelque chose était détendu dans ce lieu tout à l'heure si triste. Ils causèrent des fêtes de Noël, des vieilles traditions des peuples. Séverin laissa voir l'émotion religieuse qu'éveillait en lui cette nuit solennelle. Il ouvrit le piano d'Hervé, sur lequel Léna n'avait pas encore eu le courage de poser ses doigts, et joua des Noëls anciens, gais et naïfs. Lorsque minuit sonna, il s'arrêta un instant, puis il plaqua les accords solennels du Te Deum. L'âme de Léna vibra: elle sentit qu'il priait, et s'unit à son action de grâces.

—«Un Enfant nous est né!» murmura Hervé. Puisse-t-il mettre la paix dans les cœurs!

Et alors, Léna pensa au Coatlanguy, et pria silencieusement pour que son père y revécût une nuit de Noël.

XXVII