Naturellement, ce fut le curé de Boulommiers qui maria sa chère petite Léna, qu'il appelait la protégée de Madame Marie, Itroun Vari, et naturellement aussi, Mélanie, était là, recueillant du bonheur et des souvenirs pour le reste de sa vie.
Avant de quitter sa riche robe de paysanne, Léna alla avec Séverin s'agenouiller sur les tombes fleuries du cimetière.
Puis, vers le soir, une nouvelle Léna apparut dans la «salle» ornée de fleurs, tellement différente dans son costume de voyage, que Loïzik resta un instant interdite.
—Tu as changé de costume, Léna, dit le maire brusquement; c'est dans l'ordre, ma fille, et je sais que tu gardes le même cœur sous de nouveaux habits.... Je sais que tu ne rougiras jamais de ma veste ni des coiffes de Loïzik, et quand tu reviendras, tu nous aideras à garder les traditions du pays.
Elle l'embrassa en pleurant: dans ses yeux attendris, elle retrouvait maintenant quelque chose de son père....
Mais la voiture est à la porte, et Séverin entraîne doucement sa femme.
—N'ai-je pas eu tout de même une idée heureuse, Yves, murmure Mélanie en s'essuyant les yeux, le jour où j'ai demandé à Séverin l'argent de ton voyage!...
Les mariés, cependant, jettent un dernier regard sur la vieille maison de famille. Une des fenêtres reste close: celle de la chambre qu'on avait préparée pour Hervé, et où le maire n'a plus le courage d'entrer. Cependant, il y a un air de fête dans la cour, débarrassée des instruments aratoires, et ornée des vieux orangers qu'on a tirés d'une serre délabrée, un air de fête aussi dans le revêtement fleuri qui pousse des branches échevelées jusqu'au toit, et même dans la fumée bleue qui, en montant des cheminées, rappelle l'abondance du repas des noces.
—Bien-aimée, dit Séverin avec ferveur, que bénie soit la demeure de vos pères, la maison qui vous a vue naître, et où Dieu a disposé votre vie, vos peines elles-mêmes, pour vous conduire à moi et nous permettre d'aller ensemble vers Lui!
FIN