—Tu as été très imprudent, et je souhaite que tu ne le regrettes jamais. Mais maintenant, te voilà lié....
—Oui, comme dit la chanson bretonne: «Avec un lien d'or, durant jusqu'à la mort.»
—Il n'y a pas là matière à plaisanterie, dit sèchement Séverin. Le lien d'or se change parfois en un lien de fer, et la mort ne se charge pas toujours de le briser. Mais je tiens à préciser mon rôle dans cette aventure. Je suis placé dans une situation très spéciale, ayant la confiance de ta mère comme la tienne. Je crois qu'elle a raison, quand elle juge que ce mariage ne te convient pas; je le lui ai dit, comme je te le dis à toi même. Mais maintenant que tu as donné ta parole, je ne puis, en homme d'honneur, que te conseiller d'aller jusqu'au bout, et je parlerai dans ce sens à Jeanne. Seulement, tu aurais tort de la croire si résignée: elle fera tout ce qu'elle pourra pour te faire éviter ce qu'elle considère comme un malheur.
—Alors, pourquoi faire venir Léna! dit Landry d'un ton de triomphe.
—A ta place, je ne dépayserais pas cette jeune fille.... Ce sera à toi, comme mari, qu'il appartiendra de lui apprendre son nouveau rôle.
—Mais je serai si heureux de la revoir!
—Comme il te plaira. Souviens-toi de mon avis: il vaudrait mieux qu'elle ne vînt pas.
—Que dirais-je, alors, à ma mère?
—Que tu aimes mieux attendre qu'elle voie ta future femme dans son milieu.
—Non, ce milieu déplairait odieusement à ma mère. Elle est artiste, mais le pittoresque de Coatlanguy est trop rude pour elle.