[CXVIII. LA TROISIÈME FORCE]
Mon troisième motif d'action était le désir de briller, et surtout l'impossibilité de vivre seul. La multitude m'attirait, je m'enivrais des applaudissements. Si l'idée de l'emplâtre m'était venue en ce temps-là, qui sait? je ne serais peut-être pas mort tout de suite, et je serais devenu célèbre. Mais je n'eus pas l'idée de l'emplâtre. Et je ne pus résister au désir de m'agiter dans un milieu quelconque pour une chose quelconque, et une fin quelconque.
[CXIX. PARENTHÈSE]
Je veux consigner ici, entre parenthèses, une demi-douzaine de maximes choisies parmi celles que j'écrivis en grand nombre à cette époque. Ce sont des bâillements d'ennui. Elles peuvent servir d'épigraphe aux discours de gens qui manqueraient de titres.
On supporte toujours patiemment la colique du prochain.
Nous tuons le temps; il nous enterre.
Un cocher philosophe avait l'habitude de dire que le plaisir d'aller en voiture serait considéré comme bien médiocre, si tout le monde avait la sienne.
Aie confiance en toi; mais ne doute point toujours des autres.