—Tu n'as pas compris que c'était un mensonge... pour ne pas t'attrister. Allons, viens, chiquito, ne sois pas défiant comme cela. J'en ai aimé d'autres; et puis après, qu'importe, puisque c'est fini? Un jour quand nous nous quitterons...

—Ne dis pas cela, m'écriai-je.

—Tout passe! un jour...

Elle ne put achever; un sanglot étouffa sa voix. Elle étendit les mains, m'attira sur son sein, me murmura tout bas à l'oreille:

—Jamais, jamais, mon amour!...

Je la remerciai, les yeux humides. Le lendemain, je lui apportai le collier qu'elle avait refusé.

—Comme souvenir de moi, quand nous nous séparerons, lui dis-je.

D'abord elle se concentra dans un silence indigné. Ensuite, elle fit un geste magnifique. Elle essaya de jeter le collier par la fenêtre. Je retins son bras. Je la suppliai de ne pas me faire une telle offense, de garder le bijou. Elle m'obéit en souriant.

D'ailleurs elle me payait largement de mes sacrifices. Elle devinait mes plus secrets désirs; elle les prévenait tout naturellement, par une espèce de nécessité affective, par une fatalité de sa conscience. Jamais le désir n'était raisonnable; c'était pur caprice, simple enfantillage. Je la voulais vêtue d'une certaine manière, parée de telle et telle façon; j'exigeais qu'elle mît ce vêtement et non un autre, qu'elle vînt se promener. Il en était ainsi du reste. Elle consentait à tout, souriante et bavarde.

—Quel être extraordinaire lu fais! me disait-elle.