[LXXVIII. LA PRÉSIDENCE]
Quelques mois se passèrent, et un certain jour Lobo Neves entra en disant que peut-être il irait prendre le gouvernement d'une province. Je considérai Virgilia qui pâlit. Il s'aperçut de son émotion et lui dit:
—Cette perspective ne paraît pas te sourire, Virgilia.
Elle secoua négativement la tête.
—Pas précisément, dit-elle.
Ils en restèrent là; mais le même soir, Lobo Neves reparla du projet avec un peu plus d'insistance que dans l'après-midi. Deux jours après, il déclara à sa femme que c'était chose faite. Virgilia ne put dissimuler son ennui. Il alléguait les nécessités politiques.
—Je ne saurais refuser ce que l'on me demande. Il y va de notre avenir, de ton blason, mon amour, car j'ai juré que tu seras marquise, et tu n'es même pas baronne. Tu diras que je suis ambitieux; et je le suis en effet. Mais il ne faut pas couper les ailes à mon ambition.
Virgilia ne savait que faire. Le lendemain, je la trouvai qui m'attendait toute triste dans notre petite maison de la Gamboa. Elle avait tout dit à Dona Placida, et celle-ci cherchait à la consoler comme elle pouvait. Je n'étais pas moins abattu.
—Tu nous accompagneras, me dit Virgilia.
—Es-tu folle? tu n'y penses pas!