BILLET. FREDERIC A CLAIRE.
Vous m'évitez, je le vois; vous êtes malade, j'en suis cause; je dissimule avec un père que j'aime, j'offense dans mon coeur le bienfaiteur qui m'accable de ses bontés: Claire, le ciel ne m'a pas donné assez de courage pour de pareils maux.
BILLET. CLAIRE A FREDERIC.
Qu'osez-vous me faire entendre, malheureux! une faiblesse nous a mis sur le bord de l'abîme, une lâcheté peut nous y plonger: vous aurai-je trop estimé, en supposant que vous pouviez réparer vos torts; et ne ferez-vous rien pour moi?
BILLET. FREDERIC A CLAIRE.
Je ne suis pas maître de mon amour, je le suis de ma vie; je ne puis cesser de vous offenser qu'en cessant d'exister, chaque battement de mon coeur est un crime, laissez-moi mourir.
BILLET. CLAIRE A FREDERIC.
Non, on n'est pas maître de sa vie quand celle d'un autre y est attachée. Malheureux! frémis du coup que tu veux porter, il ne t'atteindrait pas seul.
BILLET. FREDERIC A CLAIRE.
Je ne résiste point…. Le ton de votre billet, ce que j'y ai cru voir… Ah! Claire, s'il était possible….. Puisque vous persistez à ne point me voir seule, permettez du moins que j'écrive pour m'expliquer, peut-être vous paraîtrai-je alors moins coupable. Demain matin, quand il me sera permis d'entrer chez vous pour savoir de vos nouvelles, daignez recevoir ma lettre.