«Ma sœur, n'as-tu rien à manger?

—Non», dit-elle.

Elle dit la même chose à Finette:

«Je n'ai rien non plus, répliqua-t-elle, mais je viens de trouver un gland.

—Ha! donnez-le-moi, dit l'une.

—Donnez-le-moi, dit l'autre.»

Chacune le voulait avoir.

«Nous ne serons guère rassasiées d'un gland à nous trois, dit Finette; plantons-le, il en viendra un autre qui nous pourra servir.»

Elles y consentirent quoiqu'il n'y eût guère d'apparence qu'il vînt un arbre dans un pays où il n'y en avait point, on n'y voyait que des choux et des laitues, dont les princesses mangeaient; si elles avaient été bien délicates, elles seraient mortes cent fois; elles couchaient presque toujours à la belle étoile; tous les matins et tous les soirs elles allaient tour à tour arroser le gland, et lui disaient: «Croîs, croîs, beau gland.» Il commença de croître à vue d'œil. Quand il fut un peu grand, Fleur-d'Amour voulut monter dessus, mais il n'était pas assez fort pour la porter; elle le sentait plier sous elle, aussitôt elle descendit; Belle-de-Nuit eut la même aventure; Finette plus légère s'y tint longtemps; et ses sœurs lui demandèrent:

«Ne vois-tu rien, ma sœur?»