Elle répliqua:
«En vérité, il me semble que je suis la fille de quelque grand roi.
—En seriez-vous bien aise? dit la fée.
—Oui, ma bonne mère, répondit Joliette, en faisant la révérence; j'en serais fort aise.
—Hé bien, dit la fée, soyez donc contente; je vous en dirai davantage demain.»
Elle se rendit en diligence à son beau château, où la reine était occupée à filer de la soie. La petite souris lui cria:
«Voulez-vous gager, madame la reine, votre quenouille et votre fuseau, que je vous apporte les meilleures nouvelles que vous puissiez jamais entendre?
—Hélas! répliqua la reine, depuis la mort du roi Joyeux et la perte de ma Joliette, je donnerais bien toutes les nouvelles de ce monde pour une épingle.
—Là, là, ne vous chagrinez point, dit la fée, la princesse se porte à merveille; je viens de la voir; elle est si belle, si belle, qu'il ne tient qu'à elle d'être reine.»
Elle lui conta tout le conte d'un bout à l'autre, et la reine pleurait de joie de savoir sa fille si belle, et de tristesse qu'elle fût dindonnière.