«Mes petites brebis, dormez; je ferai comme la bergère qui veille autour de son troupeau, crainte que le loup ne le mange.»
Elles se couchèrent sur l'herbe, et s'endormirent. La reine les quitta, croyant ne les revoir jamais. Finette fermait les yeux, et ne dormait pas.
«Si j'étais une méchante fille, disait-elle, je m'en irais tout à l'heure, et je laisserais mourir mes sœurs ici, car elles me battent et m'égratignent jusqu'au sang. Malgré toutes leurs malices, je ne les veux pas abandonner.»
Elle les réveille, et leur conte toute l'histoire; elles se mettent à pleurer, et la prient de les mener avec elle, qu'elles lui donneront leurs belles poupées, leur petit ménage d'argent, leurs autres jouets et leurs bonbons.
«Je sais assez que vous n'en ferez rien, dit Finette, mais je n'en serai pas moins bonne sœur;» et se levant, elle suivit son fil, et les princesses aussi; de sorte qu'elles arrivèrent presque aussitôt que la reine.
En s'arrêtant à la porte, elles entendirent que le roi disait:
«J'ai le cœur tout saisi de vous voir revenir seule.
—Bon, dit la reine, nous étions trop embarrassés de nos filles.
—Encore, dit le roi, si vous aviez ramené ma Finette, je me consolerais des autres, car elles n'aiment rien.»
Elles frappèrent, toc, toc. Le roi dit: