«Vous pouvez comprendre, mon cher frère, d'après ce peu de paroles, combien le mariage est saint, et combien il importe de ne contracter que des unions harmoniques, car souvent le malheur de la vie dépend d'une conjonction irréfléchie.»

Ayant eu occasion de me rencontrer plusieurs fois avec l'honorable M. de Tourreil, je lui demandai quelques détails précis sur la liberté de la femme et le mariage.

Voici le résumé de ceux qu'il a bien voulu me donner:

L'éducation est la même pour les deux sexes;

La femme suit librement la vocation qui lui vient de Dieu; seule elle en est juge;

Dans tous les grades et emplois de la république de Dieu, la femme est à côté de l'homme;

Depuis l'âge de cinquante ans, tout individu des deux sexes est gouvernant et prêtre;

La reproduction de l'espèce, devant être l'œuvre de l'amour de personnes saines d'esprit et de corps, avant d'y procéder, l'épouse sera engagée à se confesser à la prêtresse et l'époux au prêtre, afin d'être éclairés sur l'opportunité ou les inconvénients d'un rapprochement.

Il n'y a qu'un seul cas de dissolution du mariage: c'est quand les époux sont arrivés à la fusion complète, c'est à dire à se sentir, à se savoir réciproquement, à ne plus rien avoir à échanger. Alors il devient nécessaire de changer de liens, et de travailler chacun de son côté à se fusionner avec un autre conjoint. Dans l'état actuel de l'humanité, cette fusion ne peut avoir lieu; mais plus tard, quand nous serons plus parfaits, elle deviendra possible plusieurs fois dans la vie.

Le Fusionisme est, comme on le voit, un socialisme mystique.