Faites-leur bien comprendre que, ne pas tolérer le mal en autrui, ne signifie pas s'ériger en censeurs et professeurs de Morale, mais ne pas consentir pour soi et les autres à devenir victime d'une injustice ou d'un défaut capital.

Ainsi élevées, vos élèves, dès l'âge de douze ans, sauront, par leur pratique journalière, en se rendant les services d'ordre et de propreté, que tout travail utile est honorable.

En échangeant leurs services, elles ont appris que la société est basée sur le travail et l'échange;

En recevant et rendant des services gratuits, elles ont appris la bonté;

En défendant contre leurs compagnes leur dignité, leurs droits et ceux des faibles, elles ont appris la justice et la solidarité;

En triomphant des obstacles que vous avez su mesurer à leurs forces, elles ont appris qu'on ne doit jamais se résigner au mal qu'on peut supprimer ou diminuer;

En luttant contre leurs défauts, en triomphant de plusieurs, elles ont appris qu'elles sont des êtres progressifs, et que la volonté est toute puissante;

Par votre calme, votre impartialité, votre justice, votre équité, votre indulgence, elles ont pris une haute idée du pouvoir social que vous représentez auprès d'elles: elles savent qu'il doit éclairer, moraliser, punir selon l'intention et dans le but de faire réfléchir, d'améliorer;

Elles ne possèdent que trois axiomes: fais aux autres ce que tu voudrais qui te fut fait dans les limites de la justice et de l'équité;

Ne fais pas aux autres ce que tu ne trouverais ni juste ni équitable qu'ils te fissent;