II

3o La femme produit moins que l'homme industriellement, dites-vous. Admettons que cela soit vrai; comptez-vous pour rien la grande fonction maternelle? Les risques que court la femme en l'accomplissant?

Comptez-vous pour rien les travaux du ménage, les soins qui vous sont prodigués et auxquels vous devez propreté et santé?

Si la quantité du produit est l'origine de l'égalité de Droit, pourquoi ceux qui ne produisent que peu de chose, ceux qui ne produisent rien, et vous tous qui produisez inégalement avez-vous un Droit égal?

Pourquoi tant de femmes qui produisent, tandis que leurs maris ou leurs fils s'amusent et dissipent, n'ont elles pas des droits et ces derniers en ont-ils?

Vous ne faites pas entrer la question du produit dans celle du Droit quand il s'agit de l'homme, pourquoi donc l'y faites-vous entrer quand il s'agit de la femme?

Vous le voyez, Messieurs, toujours irréfléchis, irrationnels, injustes.

4o La femme ne peut être l'égale de l'homme, parce que son tempérament particulier lui interdit certaines fonctions.

Bien, Messieurs; alors un législateur pourrait, sans déraison, décréter que tous les hommes qui, par tempérament, sont impropres au métier des armes, par exemple, sont hors de l'égalité de Droit?

Le tempérament, source de Droit!