Elle est belle, elle est radieuse pour le plus grand nombre. Elle ramène l'excellent vieux Santa Claus avec des trésors fabuleux entassés dans ses poches immenses et inépuisable.
Quelques-uns, hélas! ne connaissent de ce jour que les privations, plus cruelles par leur contraste avec la joie de tout le monde.
Ces malheureux petits pauvres que Santa Claus ne connaît pas, qui ne trouvent jamais, jamais rien dans leur soulier, c'est aux enfants heureux de les consoler, de se constituer leur Providence visible.
Le Petit-Jésus, lui qui n'oublie personne, voit leurs larmes. Il les recueille toutes; il les change en des perles magnifiques dont il forme des couronnes plus belles que celles des anges car les anges qui ne pleurent jamais n'ont pas de perles à leurs couronnes. Puis, quand ses amis dorment, il les vient chercher et les amène avec lui au ciel, pour leur montrer ces précieux joyaux et les ailes faites de la gaze des plus blancs nuages, qu'il garde pour eux.
Parmi les petites filles qui attendaient avec anxiété la joyeuse fête de l'enfance, il en était sept qui, fort probablement, auraient été forcées de renoncer aux étincelantes couronnes du Petit-Jésus, lesquelles ne se gagnent absolument qu'au prix des soupirs et des peines, n'eussent été les pleurs que leur faisait verser parfois la compassion. Et ceux-là valent presque, aux yeux de Dieu les pleurs de la misère.
Heureusement, les nobles émotions de leurs âmes sensibles au malheur, achetaient pour elles ces célestes récompenses.
Car des larmes!... d'honneur! c'était un article rare sous leur toit.
Hors le cas de pitié, elles n'en faisaient usage que juste ce qu'il faut pour baigner le sourire, en vue d'obtenir les objets de leurs voeux.
On sait que c'est un principe de diplomatie qui a cours chez cette petite engeance, qu'un attrait irrésistible à ajouter à sa requête est celui d'un regard suppliant à travers des pleurs.
Et c'est d'excellente politique.