Déjà l'aube discrète glissait à travers les ténèbres ses lueurs lactées.

Bientôt le sommeil, agité de rêves fantastiques et de visions éblouissantes, allait fuir les paupières enfantines, empressées de s'ouvrir aux belles choses déposées à leurs pieds par la munificence du petit Noël.

Il fallait se hâter. L'ami de l'enfance allait être pris en flagrant délit de visibilité, et cela, il ne l'aurait pas voulu pour une couronne de séraphin!

Chacun a son orgueil. Celui de cet excellent esprit est d'expédier la besogne qu'on lui confie, d'une façon irréprochable, et surtout promptement.

Jamais il n'a été surpris par le jour. Le flambeau que le bon Dieu lui prête pour guider sa course à travers les ombres, c'est l'étoile qui conduisait autrefois les trois rois d'Orient à la crèche du Sauveur.

Voyant que ses délibérations mentales ne l'amenaient à aucune conclusion satisfaisante, l'envoyé du ciel éleva vers Dieu son pur esprit, et sollicita une inspiration.

Il eut alors l'intuition du décret divin;

Le sac qu'il avait cru vide fut ouvert, et son bras s'y plongea jusqu'à l'épaule pour en retirer un petit paquet mystérieux.

Alors les innombrables bibelots qui avaient été primitivement destinés à l'opulente pantoufle furent divisés en deux lots, et les mandataires muets qui, gisant sur le tapis, réclamaient tacitement leur butin, en reçurent chacun une part égale.

Puis, louant le Créateur de son ingénieuse et tendre générosité, le bon petit Noël brisa le cachet de l'enveloppe énigmatique dont il avait deviné le contenu précieux.