Toute jeune encore, depuis trois ou quatre ans déjà, la charmante conteuse s'était fait remarquer dans la presse; et plus d'une fois ses jolies nouvelles, toutes empreintes d'un rare cachet de distinction, avaient attiré l'attention de ceux qui, parmi nous, cultivent les lettres ou s'occupent des choses de l'esprit.
Il y a quelques mois à peine, à Québec, elle révélait son talent pour la scène dans une petite pièce dont le succès fut éclatant.
Ces débuts pleins de promesses, elle les confirme aujourd'hui par un premier volume, qui n'est sans doute que la première perle de tout un écrin.
Les qualités d'écrivain dont elle y fait preuve lui donnent droit à une place marquante dans notre petit monde littéraire; et, s'ils me permettent de me faire ici leur interprète, je crois pouvoir lui offrir, au nom de mes confrères de la plume, la plus sympathique et la plus cordiale bienvenue.
Tous s'empresseront même, j'en suis sûr de lui céder un siège d'honneur, à une condition cependant—et cette condition, la voix du patriotisme l'impose—c'est que ce premier ouvrage soit bientôt suivi de plusieurs autres.
Pour ma part, je lui dirai en lui tendant la main:
—Madame, vous êtes maintenant débitrice d'un créancier qui a le droit d'être impitoyable, parce qu'il parle au nom de tous, le Public.
Vous avez écrit les Contes de Noël.
Tant pis pour vous:
Noblesse oblige.