Faust apprend que Marguerite a tué l’enfant qu’elle a mis au jour, espérant ainsi se dérober à la honte. Son crime a été découvert; on l’a mise en prison, et le lendemain elle doit périr sur l’échafaud. Faust maudit Méphistophélès avec fureur; Méphistophélès accuse Faust avec sang-froid, et lui prouve que c’est lui qui a désiré le mal, et qu’il ne l’a aidé que parce qu’il l’avait appelé. Une sentence de mort est portée contre Faust, parce qu’il a tué le frère de Marguerite. Néanmoins, il s’introduit en secret dans la ville, obtient de Méphistophélès les moyens de délivrer Marguerite, et pénètre la nuit dans son cachot, dont il a dérobé les clefs.
Il l’entend de loin murmurer une chanson qui prouve l’égarement de son esprit; les paroles de cette chanson sont très vulgaires, et Marguerite était naturellement pure et délicate. On peint d’ordinaire les folles comme si la folie s’arrangeait avec les convenances, et donnait seulement le droit de ne pas finir les phrases commencées, et de briser à propos le fil des idées; mais cela n’est pas ainsi: le véritable désordre de l’esprit se montre presque toujours sous des formes étrangères à la cause même de la folie, et la gaîté des malheureux est bien plus déchirante que leur douleur.
Faust entre dans la prison: Marguerite croit qu’on vient la chercher pour la conduire à la mort.
Marguerite, se soulevant de son lit de paille, s’écrie:
«Ils viennent! ils viennent! oh, que la mort est amère!
Faust, bas.
«Doucement, doucement; je vais te délivrer. (Il s’approche d’elle pour briser ses fers).
Marguerite.
«Si tu es un homme, mon désespoir te touchera.
Faust.