Melvil.

«Ne te reste-t-il rien de plus au fond de l’âme, que tu doives confesser?

Marie.

«Non, tu sais maintenant tout ce qui pèse sur mon cœur.

Melvil.

«Songe à la présence du scrutateur des pensées, à l’anathème dont l’Église menace une confession trompeuse: c’est un péché qui donne la mort éternelle, et que le Saint-Esprit a frappé de sa malédiction.

Marie.

«Puissé-je obtenir dans mon dernier combat la clémence divine, aussi vrai qu’en cet instant solennel je ne t’ai rien déguisé!

Melvil.

«Comment! tu caches à ton Dieu le crime pour la punition duquel les hommes te condamnent: tu ne me parles point de la part que tu as eue dans la haute trahison des assassins d’Élisabeth; tu subis la mort terrestre pour cette action; veux-tu donc qu’elle entraîne aussi la perdition de ton âme?