—Jugez, ma soeur, de l'effroi qu'un tel dessein dut me causer; je conjurai madame de Vernon d'y renoncer; elle me quitta sans vouloir me dire ce qu'elle feroit; elle étoit blessée, je n'en pus obtenir un seul mot; mais je pars à l'instant même pour passer deux jours à Cernay chez madame de Lebensei; si madame de Vernon, malgré mes instances, me ménage assez peu pour demandera Léonce de me voir, au moins il saura que je n'ai point consenti à cette humiliation; il ne me trouvera point chez moi, à Paris, ni à Bellerive.

LETTRE IX.

Madame de Vernon à Léonce.

Après tout ce que je vous ai dit, après tout ce qui s'est passé, votre agitation, en parlant hier matin à madame d'Albémar, l'a fort étonnée, mon cher Léonce: elle voudroit ne point partir sans que vous fussiez en bonne amitié l'un avec l'autre; elle pense avec raison qu'étant devenus proches parens par votre mariage avec ma fille, vous ne devez pas rester brouillés; je désirerois donc que vous vous rencontrassiez tous les deux chez moi demain soir; le voulez-vous?

LETTRE X.

Réponse de Léonce à madame de Vernon.

Je n'ai rien à dire à madame d'Albémar, madame, qui pût motiver l'entretien que vous me demandez. Nous sommes et nous resterons parfaitement étrangers l'un à l'autre: l'amitié comme l'amour doivent être fondés sur l'estime, et quand je suis forcé d'y renoncer, dispensez-moi de le déclarer.

LETTRE XI.

Léonce à M. Barton.

Paris, ce 14 août.