—Tout cela m'est égal, disait l'homme, il faut qu'on me paye, n'importe qui. Où est M. de Saint-Marsin? Je veux parler à M. de Saint-Marsin.
—Me voici, dit M. de Saint-Marsin, qui rentrait en ce moment, que me veut-on? Armand pâlit, rougit en voyant arriver son père, et cependant il se sentait un peu rassuré par sa présence. Pendant qu'on expliquait à M. de Saint-Marsin de quoi il s'agissait, il levait timidement les yeux et les baissait aussitôt, comme un coupable qui attend sa sentence. Quand M. de Saint-Marsin eut compris la cause de tout ce trouble:
—M. Bernard, dit-il, je suis très-fâché de ce qui vous est arrivé, mais je n'y puis rien; si c'est effectivement mon fils qui a cassé votre glace, arrangez-vous avec lui, cela ne me regarde pas.
—Il faut bien, Monsieur, que cela vous regarde, reprenait M. Bernard; qu'est-ce qui me payera!
—Je l'ignore, Monsieur; mais si mon fils l'a fait, c'est en mon absence, sans qu'on puisse penser que j'y aie eu aucune part; je ne réponds pas de ses actions. Et se tournant vers Armand:
—Vous sentez, Armand, que cela est juste, que je ne puis répondre de vos actions quand je n'ai aucun moyen de vous faire faire ma volonté. Armand, les yeux baissés, les mains jointes, ne pouvait répondre; de grosses larmes coulaient de ses yeux. M. Bernard, dans une colère terrible, voulait mener M. de Saint-Marsin chez le juge de paix.
—Ce n'est point à moi à y aller, disait M. de Saint-Marsin, c'est à mon fils.
—Oh! monsieur votre fils, il pourra bien aller en prison.
—Monsieur, j'en suis bien fâché, mais je n'y puis que faire.
—A la police correctionnelle, reprenait M. Bernard.