—C'est bon! disait le pauvre petit en faisant claquer sa langue. Il était un peu grisé par la chaleur et par le grog. Ses idées tournaient, affolées, dans sa tête.
—Oh! c'est beau, ici!
—As-tu faim?
—C'te question! Je vous crois, que j'ai faim, j'ai pas mangé depuis ce matin, sept heures.
—Héloïse...
Mais Héloïse était déjà partie et revenait l'instant d'après, portant de l'oie confite coupée menu dans de la purée de pommes de terre froide.
Madame Brunier fit manger le garçonnet, trop faible encore pour se servir lui-même.
—C'est pas mauvais, ça, dit-il, et ça fait joliment du bien par où que ça passe, comme dit La Seiche. Qu'est-ce que c'est que cette bête-là?
—De l'oie.
—De l'oie! Ben, c'est tout de même—cocasse que j'en mange, ce soir, de l'oie! C'est Nestor qui serait badiné, s'il le savait! Voilà que, maintenant, je fais réveillon, moi aussi, et sans avoir été à la messe, encore!