Si vous ne l'aviez jamais vue?
Pour parler comme vous de l'amoureux ennui,
Il faut du moins, Iris, l'avoir appris d'autrui,
Il faut, dis-je en un mot, si l'on le veut connoître,
Le sentir ou l'avoir fait naître;
Mais on voit assez rarement,
Quand on aime l'amour, qu'on haïsse l'amant.
Je vous excepte pourtant de cette règle, Mademoiselle, car comme vous avez eu infiniment d'esprit dès votre plus tendre jeunesse, je suppose qu'il a été une garde fidèle de votre cœur, et que ne trouvant rien digne de lui, il a conservé sa liberté. Les vers dont votre lettre est semée, sont fort galants et fort jolis, et je vois bien que vous seriez plutôt de l'avis des quatre vers d'un ami que j'ai eu, que de celui des quatre de Mme de P.... Il les mettoit dans la bouche d'une dame. Les voici:
Mais quand sur notre esprit un amant qu'on estime
A pris quelque crédit,