Je revis le Consul peu de jours après; en entrant, il me prit les mains avec une bonté inouïe, me fit asseoir.
—Ma chère Georgina, il faut que je te dise une chose qui va t'affliger; mais, pendant quelque temps, je cesserai de te voir. Eh bien, tu ne dis rien?
—Non, je m'y attendais. J'aurais été insensée de croire que moi, qui ne suis rien au monde, j'aurais pu occuper une place, je ne dis pas dans votre cœur, mais dans votre pensée. J'ai été une simple distraction, voilà tout!
—Tu es une enfant et tu es charmante en me disant cela; tu me prouves ton attachement, et je t'aime de m'aimer: on nous aime si peu, nous! Mais je te reverrai, je te le promets.
—Merci de vos bienveillantes paroles, mais je ne profiterai pas de vos bontés; je partirai.
—Je ne crois pas cela. Tu ne feras pas cette faute: tu perdrais ton avenir.
—Mon avenir, je n'en ai plus. D'ailleurs, peu m'importe! je partirai.
Le Consul fut plus excellent qu'il ne l'avait jamais été; je fus profondément touchée de tout ce qu'il daigna me faire entendre de paroles douces et consolantes. Il était si bon. Il me retint fort tard.
—Allons, ma bonne Georgina, au revoir.
—Ah! non pas au revoir, adieu!