—Pas trop, mais assez.
(Chère madame Valmore, tous ces détails vous sembleront bien enfantins; mais ils sont vrais, très mal racontés par moi; mais, par vous, ils seront charmants. Il faut tant de goût, tant de délicatesse! Vous possédez tout cela, vous!)
Le Consul, fatigué quelquefois de ses glorieuses et graves préoccupations, semblait goûter quelque plaisir à se trouver avec une jeune fille, qui lui parlait tout simplement. C'était, je le pense, nouveau pour lui.
—Voyons, Georgina, racontez-moi tout ce que vous avez fait. Soyez bonne et franche, dites-moi tout!
Il était si bon, si simple, que ma crainte disparaissait.
—Je vais vous ennuyer. Puis, comment dire tout cela, je n'ai pas d'esprit? Je vais très mal raconter.
—Dites toujours.
Je fis le récit de ma très petite existence, comment je vins à Paris, toutes mes misères.
—Chère petite, vous n'étiez pas riche; mais, à présent, comment êtes-vous? Qui vous a donné le beau cachemire, le voile, etc.?
Il savait tout. Je lui racontai toute la vérité sur le prince Sapieha.