[6: Celui-ci est assez vert, et il peint en même temps mademoiselle Mars. Un ancien acteur de la Comédie-Française qui jouait les valets à sa façon, c'est-à-dire fort mal, dit un jour assez rudement à Célimène qui venait d'entrer au foyer, de fermer sa porte. Mademoiselle Mars obéit. En revenant s'asseoir elle se contenta de dire: J'avais oublié, Monsieur, qu'il n'y avait plus de valets à la Comédie.]
[7: M. de Salvandy prononça quelques paroles touchantes sur cette tombe; elles méritent d'être rappelées et font honneur à sa vive amitié pour mademoiselle Mars.]
[8: Elle n'avait de plus que 3,000 francs comme inspectrice du Conservatoire.]
[9: Dans ce testament de mademoiselle Mars, son fils, M. Alphonse Brummer, est institué son légataire universel.
Il contient entre autres legs une bague pour Armand. Armand, le comédien par excellence, avait été, on le sait, bien longtemps l'ami de mademoiselle Mars. Retiré à Versailles depuis longues années, il n'a pas appris cette perte sans un vif sentiment de douleur.]
[10: A. Soumet.]
[11: La pièce de l'Amant bourru, comédie en trois actes et en vers libres, représentée par les comédiens ordinaires du roi, le mercredi 14 août 1777, est dédiée à la reine, avec une lettre portant pour signature: BOUTET DE MONVEL. Il est assez étrange que les biographes n'aient jamais consigné ce de. La brochure que nous tenons en main (imprimée chez la veuve Duchesne, rue Saint-Jacques, au Temple du Goût), porte la date de 1777, ainsi que la permission de M. Lenoir, lieutenant-général de police. Que durant la Révolution on ait raccourci Monvel de ce de, passe encore; mais que les Fastes de la Comédie Française, imprimés en 1821, n'en disent pas un mot, c'est un oubli au moins singulier. Ce même livre l'appelle Bouvet au lieu de Boutet.
Monvel était-il noble, se demanderont nos lecteurs, ou seulement bourgeois de Paris, comme il s'intitule plus tard dans l'acte de naissance de sa fille? S'il n'était pas noble, il faudrait recourir à une supposition d'état inouïe vis-à-vis de sa signature, adressée à la reine mère. Mais que l'on se rassure, Monvel s'était vu anobli par le roi de Suède; les preuves de cet anoblissement subsistent. On sait que ce prince le nomma son lecteur, et il nous sera facile de prouver, en temps et lieu, quelle part Monvel eut constamment dans ses amitiés, d'un choix si difficile. Les pseudonymes d'auteurs et d'acteurs ont été fréquents, et ils le sont encore aujourd'hui; nous pensons, nous, que Monvel n'y eut point recours; dans tous, les cas, se fût-il nommé simplement Boutet, il n'eût fait que suivre l'exemple des auteurs suivants:
Poquelin (Molière), Carton (Dancourt), Arouet (Voltaire), Fusée
(Voisenon), Leclerc (de Buffon), Carlet (Marivaux), Jolyot (de
Crébillon), Burette (du Belloy), Chassebœuf (Volney), etc, etc.
Monvel eut beaucoup d'enfants naturels. Un de ses fils, qui portait son nom, était secrétaire de Cambacérès. Ce ministre l'appelait toujours à sa table M. de Monvel.]