— Les premiers asphodèles sont fleuris, Noura. Je viens de saluer Lella Fatime et Mouni en vous apportant des fleurs.
Noura est seule sur sa terrasse… La douceur de ce soir d’automne trop pur l’enivre d’une belle ivresse tendre, forte et sereine.
Et voici qu’elle élève des fleurs vers les étoiles, des fleurs qui reposaient au creux de ses mains…
— … de vous je fais un doux sacrifice aux pensées qui volent, aux désirs qui sont d’une heure, qu’on n’écoute pas, qui s’en vont. Le vent passe… Ah ! le désir, le beau désir, chassé !… Le vent emporte les fleurs de mon offrande vers le lieu de leur destin…
— C’est moi, je reviens, un instant, Noura… sans le vouloir… Une magie est dans l’atmosphère de ce soir. Nous paraissons agir sans causes… Mais les causes ne sont rien… pourquoi jetez-vous mes fleurs ?
Noura tourne son calme et parfait visage vers Claude Hervis. Un sourire de charme exquis entr’ouvre sa bouche volontaire. Il atténue la rude franchise de sa réponse.
— Je ne peux pas les garder, Claude. Elles sont trop éloquentes et je ne dois pas les écouter.
— Pourquoi ? redit-il.