Rhadra retomba, inerte. Elle était une masse sanguinolente gisant dans l’ombre…
Et Ferhat sort, les yeux fauves, les lèvres retroussées et rageuses sur ses dents brillantes, le cœur bondissant d’amour sauvage et d’effrayante colère.
Les grands astres sahariens luisent éperdument, éclairant la dune.
Ferhat vient à la rencontre de Mouni… Elle l’a vu…
Ils se touchent. Ils s’arrêtent, poitrine contre poitrine, mêlant leurs haleines tragiques, heurtant d’irréductibles regards…
Soudain Mouni s’affaisse… Un jet de sang souille son voile. Une de ses mains s’enfonce dans le sable. Elle soulève son buste poignardé et, la voix stridente :
— Tu ne t’es pas trompé, Ferhat. Si j’étais pour toi comme une morte, c’est à cause de celui que j’ai connu tout à l’heure sous les palmiers…
Venez, maintenant comme un vol de sombres mouches, Oasiens métis nés des esclaves soudanaises ! Venez voir comment les fils de vos pères arabes se vengent de l’adultère.
Femmes qui toutes avez péché, penchez-vous sur le cadavre de celle qui ne fut coupable que du désir inexaucé.