Mâadith-Cécile se rappelle qu’elle est dans le temple du Dieu de toutes les miséricordes, de tous les secours et de toutes les pitiés. Dans une silhouette inclinée devant l’autel de la Vierge, elle retrouve une ressemblance de sœur Bénigne. Mais un sortilège est dans son esprit qui transpose sa vision ; la ressemblance de la religieuse semble se préciser soudain avec les contours de Louinissa priant sur la haute terrasse de sa petite maison, au tintement barbare de ses lourds bijoux.

Sœur Cécile veut se défendre. Elle fixe la statue sainte ; elle l’adjure de la délivrer d’un envoûtement maudit. Elle formule les mots touchants et sacrés des litanies à l’Immaculée, et, dans sa tête, ce sont les litanies de Kralouk à la beauté qui chantent :

Les roses s’épanouissent sur ses joues,

ses lèvres sourient.

Salut, bonheur des bonheurs !

que ta joie soit éternelle !

Nulle splendeur ne t’égale, ô âme des âmes,

toi dont le nom est illustre,

étoile du matin !

Ton visage est semblable à la pleine lune resplendissante.