—Phœbus est avec lui, très bien soigné, a-t-on ajouté.

—C’est bien Pierre! Il sait toujours s’arranger pour tout voir et se faire de bons amis. S’il était là, il dirait certainement qu’il est un véritable artilleur.»

QUEL ÉMOI DANS LE WAGON!

Nous ne sommes arrivées à Lyon que le soir très tard. Nous étions bien fatiguées. Heureusement l’hôtel Terminus où nous devions retrouver Pierre était à quelques pas de la gare, et au milieu de l’entrée nous avons aperçu Pierre avec trois officiers français (il paraît que c’étaient des médecins) et plusieurs blessés assis sur des fauteuils. Derrière Pierre était couché Phœbus. Quand il nous vit, il se mit à bondir et à sauter sur nous en nous léchant la figure les unes après les autres.

Le docteur qui avait l’air le plus âgé dit à la maman de Pierre:

«Madame, il ne faut pas reprocher à votre fils d’être resté sur le quai de Nevers. Il nous a beaucoup aidés pour transporter nos blessés; c’est un jeune garçon intelligent et plein de cœur. Aussi, pour le récompenser, je ferai remettre une vraie patte à son chien.

—Mais, m’écriai-je, ce chien n’est pas à Pierre, il est à papa.

—Oui, ton petit ami Pierre m’a dit que c’était un brave chien belge qui s’était conduit en héros à Anvers. C’est pourquoi je veux le guérir. Demain nous le soignerons.»