Mme Bouts, la marchande de lait et de légumes, qui a été forcée de donner ses deux chiens, est venue demander à maman comment elle pourrait envoyer des légumes à Bruxelles, car elle venait d’apprendre, par Poppen, que des maraîchers des environs de Bruxelles en avaient expédié une quantité.
«Mais, dit maman, envoyez ce que vous voudrez par le chemin de fer.
—Oh! sûrement non, car on me les volerait en route.
—Mais non, vous pouvez être tranquille: d’ici à Bruxelles, il n’y a pas de danger.
—Oh! c’est que vous ne savez pas, on vient de découvrir des espions et on va les fusiller.
—Comment? dit maman, quelle bêtise!»
Avant le dîner, nous sommes allées, Madeleine et ma petite sœur, chez Mme Melken, pour prendre des nouvelles du fils du professeur Melken qui s’était battu à Liége.
Donnant la main à Madeleine, nous avons suivi la rue de Namur pour passer devant l’église de Saint-Quentin, près de laquelle demeurent le professeur Melken et sa femme.
Il y avait plein de monde dans les rues, et l’on causait avec des gens que l’on ne connaissait pas du tout. Je l’ai bien remarqué.
Il y avait une grosse femme qui sortait de l’église et qui dit à Madeleine: