Alors lui, il tira une longue langue en faisant un pied de nez. Vraiment je n’ai jamais vu à Louvain des petits garçons aussi mal élevés!
Maman nous dit: «Voilà le Cardinal!»
Il arrivait à pied avec un autre abbé près de lui et deux messieurs. En passant, il posa sa main sur la tête de plusieurs petits enfants. Maman nous poussa en avant et il mit sa main sur nos têtes. Il avait une belle croix en or et une magnifique bague.
Il entra dans l’église, nous l’avons suivi et nous nous sommes assises sous la chaire, mais il n’y monta pas et parla de l’autel.
Je me rappelle très bien ce qu’il a dit, et du reste j’ai demandé à maman de me le redire afin de l’écrire bien exactement dans mon journal, car il faudra que je le montre à papa.
Il a parlé de la Reine partie la veille de Bruxelles avec ses enfants, ce qui n’était pas un motif de tristesse pour les Belges qui devaient voir dans cela une preuve de la résistance que la Belgique voulait faire à l’Allemagne qui attaquait si injustement un peuple paisible et bon. Chacun devait agir selon son devoir, les hommes comme les femmes et même les petits enfants pour consoler ceux qui souffraient et étaient affligés, et la Belgique saurait garder ses droits et sa liberté.
Après, quand nous sommes sorties, un régiment passait. Sa musique jouait la Brabançonne, et Barbe battit des mains tandis que maman pleurait.
LA GARE ÉTAIT REMPLIE DE FEMMES
ASSISES SUR DES PAQUETS.