Maman lui expliqua que Phœbus avait eu la jambe emportée par un boulet à la guerre.
«Oh! moi, je ne vous dis pas le contraire, mais je ne peux pas laisser monter votre chien dans l’auto.»
Barbe commença à pleurer en prenant le cou de Phœbus qui, lui, s’était assis tranquillement et nous regardait avec ses bons yeux qui semblaient dire: «Toutes ces conversations me sont égales, car je sais bien que je resterai toujours avec mes petites maîtresses; je les ai retrouvées après des aventures autrement terribles qu’un voyage en auto et la rencontre d’un méchant agent de police».
La dame qui avait parlé à maman, s’approcha de l’agent et lui dit:
«Prenez ce chien et parlez à M. Le Peltier de ma part; il arrangera cela sûrement.
—Bien, bien», dit l’agent, et il aida Phœbus à s’installer près du conducteur.
Phœbus semblait très content. Il regardait Paris qui lui paraissait sûrement très beau comme à nous, mais il n’en était pas étonné: il avait entendu papa nous dire que c’était la plus belle ville du monde.
Quand nous sommes arrivées au séminaire, quelle histoire!
Les agents se mirent à rire d’abord et entourèrent Phœbus pour savoir son histoire, puis on appela M. Le Peltier: c’est celui qui reçoit les réfugiés. Il a l’air très gentil et il demande à chaque enfant son nom et son âge.