Il y a une grande pièce avec des armoires tout autour; dans la journée, il y a plusieurs dames qui y viennent pour travailler. On a demandé à maman d’aider, et naturellement maman a bien voulu, elle parle avec ces dames et je vois bien que tout le monde l’aime.
Je m’assois toujours à côté de Mlle Suzanne qui m’apprend à coudre, à faire des ourlets.
Barbe joue avec Pierre et naturellement Phœbus est couché sur la robe de maman.
J’ai dit à Mlle Suzanne que j’écrivais mon journal; elle aurait voulu lire ce que j’ai dit sur Paris. Mais ce journal n’est pas pour les autres, il est pour mon papa quand il reviendra.
23 septembre.
Hier, maman a reçu une «convocation» de la légation de Belgique.
Quand M. Le Peltier a remis cette lettre à maman, elle est devenue toute pâle, et moi j’ai pensé que c’était peut-être une mauvaise nouvelle de papa ou de Désiré. Je n’ai pas osé le dire à maman, mais je l’ai suppliée de m’emmener avec elle.
«Je t’en prie, ma petite maman, prends-moi avec toi, je veux savoir et, s’il le faut, je te donnerai du courage....
—Ma petite Noémie, tu es une bonne fille et tu m’aimes bien, mais il vaut mieux que tu restes avec Barbe.
—Moi je la garderai, dit Pierre, avec Phœbus, et vous verrez, nous serons très sages.»