Je m’interrompis, stupéfié par cette interpellation, et restai à le regarder venir vers moi, bouche ouverte.
— Eh bien, répondras-tu ? dit-il.
— Vous voyez, monsieur, je chante.
— As-tu une permission pour chanter sur la place de notre commune ?
— Non, monsieur.
— Alors va-t’en si tu ne veux pas que je te fasse un procès.
— Mais, monsieur…
— Appelle-moi monsieur le garde champêtre, et tourne les talons, mauvais mendiant.
Un garde champêtre ! Je savais par l’exemple de mon maître, ce qu’il en coûtait de vouloir se révolter contre les sergents de ville et les gardes champêtres.
Je ne me fis pas répéter cet ordre deux fois ; je tournai sur mes talons comme il m’avait été ordonné, et rapidement je repris le chemin par lequel j’étais venu.