— Dans deux heures, oui, signor.
Je me disposais à suivre mon maître lorsque celui-ci m’arrêta.
— Reste ici, dit-il, tu te reposeras ; je reviendrai. Et comme j’avais fait un mouvement d’effroi.
— Je t’assure que je reviendrai.
J’aurais mieux aimé, malgré ma fatigue, suivre Vitalis, mais quand il avait commandé j’avais l’habitude d’obéir ; je restai donc.
Lorsqu’on n’entendit plus le bruit des pas lourds de mon maître dans l’escalier, l’enfant qui avait écouté, l’oreille penchée vers la porte, se retourna vers moi.
— Vous êtes du pays ? me dit-il en italien.
Depuis que j’étais avec Vitalis j’avais appris assez d’italien pour comprendre à peu près tout ce qui se disait en cette langue, mais je ne la parlais pas encore assez bien pour m’en servir volontiers.
— Non, répondis-je en français.
— Ah ! fit-il tristement en fixant sur moi ses grands yeux, tant pis, j’aurais aimé que vous fussiez du pays.