C’était donc là ce que mère Barberin avait pu obtenir de son mari, et je compris tout de suite que si Barberin trouvait avantage à me garder près de lui, je n’avais plus rien à craindre.

Le vieillard, sans en avoir l’air, écoutait aussi ce qui se disait ; tout à coup il étendit la main droite vers moi, et s’adressant à Barberin :

— C’est cet enfant-là qui vous gêne ? dit-il avec un accent étranger.

— Lui-même.

— Et vous croyez que l’administration des hospices de votre département va vous payer des mois de nourrice.

— Dame, puisqu’il n’a pas de parents et qu’il est à ma charge, il faut bien que quelqu’un paye pour lui ; c’est juste, il me semble.

— Je ne dis pas non, mais croyez-vous que tout ce qui est juste se fait ?

— Pour ça non.

— Eh bien, je crois bien que vous n’obtiendrez jamais la pension que vous demandez.

— Alors, il ira à l’hospice ; il n’y a pas de loi qui le force à rester quand même dans ma maison si je n’en veux pas.