Tout d’abord, j’avais écouté Mattia en coupant mon pantalon, mais bientôt je cessai de faire fonctionner mes ciseaux et je fus tout oreilles : Mattia jouait presque aussi bien que Vitalis.
— Et qui donc t’a appris le violon ? lui dis-je en l’applaudissant.
— Personne, un peu tout le monde, et surtout moi seul en travaillant.
— Et qui t’a enseigné la musique ?
— Je ne la sais pas ; je joue ce que j’ai entendu jouer.
— Je te l’enseignerai, moi.
— Tu sais donc tout ?
— Il faut bien puisque je suis chef de troupe.
On n’est pas artiste sans avoir un peu d’amour-propre ; je voulus montrer à Mattia que moi aussi j’étais musicien.
Je pris ma harpe et tout de suite pour frapper un grand coup, je lui chantai ma fameuse chanson :