— Un de vous sait-il jouer du cornet à piston ? nous demanda le gros rougeaud.

— Oui, moi, dit Mattia, mais je n’en ai pas.

— Je vas aller vous en chercher un, parce que le violon c’est joli, mais c’est fadasse.

— Tu joues donc aussi du cornet à piston ? demandai-je à Mattia en parlant toujours italien.

— Et de la trompette à coulisse et de la flûte, et de tout ce qui se joue.

Décidément il était précieux, Mattia.

Bientôt le cornet à piston fut apporté, et nous recommençâmes à jouer des quadrilles, des polkas, des valses, surtout des quadrilles.

Nous jouâmes ainsi jusqu’à la nuit sans que les danseurs nous laissassent respirer : cela n’était pas bien grave pour moi, mais cela l’était beaucoup plus pour Mattia, chargé de la partie pénible, et fatigué d’ailleurs par son voyage et les privations. Je le voyais de temps en temps pâlir comme s’il allait se trouver mal, cependant il jouait toujours, soufflant tant qu’il pouvait dans son embouchure.

Heureusement je ne fus pas seul à m’apercevoir de sa pâleur, la mariée la remarqua aussi.

— Assez, dit-elle, le petit n’en peut plus ; maintenant la main à la bourse pour les musiciens.