— C’est donc le bonnet inépuisable que le bonnet de Carrory ?
— Passez le bonnet, dit le magister.
Carrory voulut défendre sa coiffure ; on la lui enleva de force et on la passa au magister.
Celui-ci demanda la lampe et regarda ce qui se trouvait dans le retroussis du bonnet. Alors, quoique nous ne fussions assurément pas dans une situation gaie, nous eûmes une seconde de détente.
Il y avait dans ce bonnet : une pipe, du tabac, une clef, un morceau de saucisson, un noyau de pêche percé en sifflet, des osselets en os de mouton, trois noix fraîches, un oignon : c’est-à-dire que c’était un garde-manger et un garde-meuble.
— Le pain et le saucisson seront partagés entre toi et Rémi, ce soir.
— Mais j’ai faim, répliqua Carrory d’une voix dolente ; j’ai faim tout de suite.
— Tu auras encore plus faim ce soir.
— Quel malheur que ce garçon n’ait pas eu de montre dans son garde-meuble ! Nous saurions l’heure ; la mienne est arrêtée.
— La mienne aussi, pour avoir trempé dans l’eau.