— Viens ici, me dit-il, que je t’embrasse, tu m’as sauvé la vie.

— Vous avez déjà sauvé la nôtre.

— Avec tout ça, dit Carrory, qui n’était point de nature à se laisser prendre par les émotions pas plus qu’à oublier ses petites affaires, ma botte est perdue, et je n’ai pas bu.

— Je vais te la chercher, ta botte. Mais on m’arrêta.

— Je te le défends, dit le magister.

— Eh bien ! qu’on m’en donne une autre, que je rapporte à boire, au moins.

— Je n’ai plus soif, dit Compayrou.

— Pour boire à la santé du magister.

Et je me laissai glisser une seconde fois, mais moins vite que la première et avec plus de précaution.

Échappés à la noyade, nous eûmes le désagrément, le magister et moi, d’être mouillés des pieds à la tête. Tout d’abord nous n’avions pas pensé à cet ennui, mais le froid de nos vêtements trempés nous le rappela bientôt.