Tout d’abord j’eus du mal à me faire écouter ; le mari et la femme étaient occupés, l’un à servir une pâtée verte, qu’il coupait avec une sorte de truelle et qui, disait-il, était des épinards ; l’autre était en discussion avec une pratique pour un sou rendu en moins. Enfin ayant répété trois fois ma demande, j’obtins une réponse.

— Ah ! oui, Barberin… Nous avons eu ça dans les temps ; il y a au moins quatre ans.

— Cinq, dit la femme, même qu’il nous doit une semaine ; où est-il, ce coquin-là ?

C’était justement ce que je demandais.

Je sortis désappointé et jusqu’à un certain point inquiet : je n’avais plus que Chopinet, à qui m’adresser ; si celui-là ne savait rien ! où chercher Barberin ?

Comme Pajot, Chopinet était restaurateur, et lorsque j’entrai dans la salle où il faisait la cuisine et où il donnait à manger, plusieurs personnes étaient attablées.

J’adressai mes questions à Chopinet lui-même qui, une cuiller à la main, était en train de tremper des soupes à ses pratiques.

— Barberin, me répondit-il, il n’est plus ici.

— Et où est-il ? demandai-je en tremblant.

— Ah ! je ne sais pas.