— Elle est jolie, ta glissade ! me dit Mattia.

Et je n’eus rien à lui répondre, ne sachant pas alors ce que c’était qu’une barre.

Mais ce ne fut pas seulement la barre qui imprima ces mouvements de roulis et de tangage au navire, ce fut aussi la mer qui, au large, se trouva être assez grosse.

Tout à coup Mattia, qui depuis assez longtemps ne parlait plus, se souleva brusquement.

— Qu’as-tu donc ? lui dis-je.

— J’ai que ça danse trop et que j’ai mal au cœur.

— C’est le mal de mer.

— Pardi, je le sens bien !

Et après quelques minutes il courut s’appuyer sur le bord du navire.

Ah ! le pauvre Mattia, comme il fut malade ; j’eus beau le prendre dans mes bras et appuyer sa tête contre ma poitrine, cela ne le guérit point ; il gémissait, puis de temps en temps se levant vivement, il courait s’accouder sur le bord du navire, et ce n’était qu’après quelques minutes qu’il revenait se blottir contre moi.