Mattia fut si joyeux qu’il se mit à danser sur le quai : puis tout à coup, cessant de danser, il prit son violon et joua frénétiquement une marche triomphale.

Pendant ce temps, je continuais d’interroger le marinier qui avait bien voulu nous répondre : le doute n’était pas possible, c’était bien le Cygne ; il y avait environ deux mois qu’il avait passé à Charenton, remontant la Seine.

Deux mois ! Cela lui donnait une terrible avance sur nous. Mais qu’importait ! En marchant nous finirions toujours par le rejoindre, bien que nous n’eussions que nos jambes, tandis que lui il avait celles de deux bons chevaux.

La question de temps n’était rien : le fait capital, extraordinaire, merveilleux, c’était que le Cygne était retrouvé.

— Qui a eu raison ? criait Mattia.

Si j’avais osé j’aurais avoué que mon espérance était vive aussi, très-vive, mais je n’osais pas préciser, même pour moi seul, toutes les idées, toutes les folies qui faisaient s’envoler mon imagination.

Nous n’avons plus besoin de nous arrêter maintenant pour interroger les gens, le Cygne est devant nous ; il n’y a qu’à suivre la Seine.

Mais à Moret le Loing se jette dans la Seine, et il faut recommencer nos questions.

Le Cygne a remonté la Seine.

À Montereau il faut les reprendre encore.