— Tout ce qu’elle vient de te dire et encore beaucoup d’autres choses, ah ! la bonne dame ! la belle dame !
— Et Arthur, l’as-tu vu ?
— De loin seulement, mais assez pour trouver qu’il a l’air d’un bon garçon.
Je continuai d’interroger Mattia, mais il évita de me répondre, ou il ne le fit que d’une façon détournée ; alors nous parlâmes de choses indifférentes jusqu’au moment où, selon la recommandation de madame Milligan, nous nous présentâmes à l’hôtel des Alpes. Quoique nous eussions notre misérable costume de musiciens des rues, nous fûmes reçus par un domestique en habit noir et en cravate blanche qui nous conduisit à notre appartement : comme elle nous parut belle, notre chambre ; elle avait deux lits blancs ; les fenêtres ouvraient sur une verandah suspendue au-dessus du lac, et la vue qu’on embrassait de là était une merveille : quand nous nous décidâmes à revenir dans la chambre, le domestique était toujours immobile attendant nos ordres, et il demanda ce que nous voulions pour notre dîner qu’il allait nous faire servir sur notre verandah.
— Vous avez des tartes ? demanda Mattia.
— Tarte à la rhubarbe, tarte aux fraises, tarte aux groseilles.
— Eh bien ! Vous nous servirez de ces tartes.
— Des trois ?
— Certainement.
— Et comme entrée ? comme rôti ? comme légumes ?