— Alors pourquoi me demandes-tu où nous allons ?
— Pour savoir.
— Savoir quoi ?
Je restai interloqué regardant, sans trouver un mot, la route blanche qui s’allongeait devant nous au fond d’un vallon boisé.
— Si je te dis, continua-t-il, que nous allons à Aurillac pour nous diriger ensuite sur Bordeaux et de Bordeaux sur les Pyrénées, qu’est-ce que cela t’apprendra ?
— Mais vous, vous connaissez donc le pays ?
— Je n’y suis jamais venu.
— Et pourtant vous savez où nous allons ?
Il me regarda encore longuement comme s’il cherchait quelque chose en moi.
— Tu ne sais pas lire, n’est-ce pas ? me dit-il.