Il en semble très fier ; mais il est arrêté par le plus âgé de ses amis :
« Dis-leur que... »
Gérard leur fait aussitôt savoir que je comprends le cantonais ; leur sympathie devient plus visible, et la conversation commence : bavardage démocratique, « droits du peuple », etc... J'ai avec violence l'impression que la seule force de ces gens est un sentiment trouble, que les maux qu'ils ont subis sont la seule chose dont ils aient vraiment conscience. Je songe aux sociétés des provinces sous la Convention (mais ces Chinois sont d'une grande courtoisie, qui fait un contraste assez curieux avec leur coutume de se moucher dans leur gorge). Quelle foi ils ont tous dans la parole ! Et qu'ils doivent être faibles, en face de l'action lucide et tenace des comités techniques auxquels ils envoient leurs dollars !..
Voici ce qu'ils ont appris aujourd'hui, pêle-mêle :
De toutes les villes de l'intérieur, les Anglais se réfugient d'urgence dans les concessions internationales.
Les grandes fédérations de coolies ont décidé que chacun de leurs membres verserait désormais 5 cents par jour pour venir en aide aux grévistes de Hongkong.
Une manifestation formidable est en préparation à Shanghaï et à Pékin pour la commémoration des violences injustes exercées par les impérialistes étrangers et l'affirmation de la liberté chinoise.
Des enrôlements volontaires en grand nombre ont lieu dans les provinces du Sud.
L'armée cantonaise vient de recevoir de Russie une quantité considérable de matériel de guerre.
Puis ceci, sagement imprimé en gros caractères :