- Oui, oui, mais cette fois il partira, tu verras. Il s'est décidé. Si l'Angleterre avait envoyé des troupes, je crois qu'il serait resté ; mais il connaît la réponse de Londres. Je pense qu'il n'attend plus que le résultat de la prochaine bataille... Myroff dit qu'il n'arrivera pas à Ceylan...

- Et pourquoi ?

- Mais, mon petit, parce qu'il est perdu, tout simplement.

- On peut toujours dire ça...

- Ce n'est pas on qui dit cela, c'est Myroff

- Il peut se tromper.

- Il paraît qu'il n'y a pas seulement la dysenterie et le paludisme. Les maladies tropicales, tu sais, on ne joue pas avec elles, mon petit. Quand on les a, on se soigne. Sinon, c'est regrettable... Et puis, autant vaut... !

- Pas pour lui !

- Son temps est fini. Ces hommes-là ont été nécessaires, oui ; mais maintenant, l'armée rouge est prête, Hongkong sera définitivement abattue dans quelques jours ; il faut des gens qui sachent s'oublier mieux que lui. Je n'ai pas d'hostilité contre lui, crois-moi. Travailler avec lui ou avec un autre... Et pourtant, il a des préjugés. Je ne le lui reproche pas, mon petit, mais il en a.

Et, souriant d'un côté de la bouche, plissant les paupières :